dimanche 22 février 2015

Mon tour de Siecle en solitaire de Roger Garaudy

Roger Garaudy


L'évènenement qui a  poussé Roger Garaudy à se convertir à l'Islam:

Le choc vital avec cette foi, quand des guerriers ibadites, à Djelfa, ont refusé de nous fusiller. Là j'ai vécu intensément ce que peut être une loi au-dessus de toute la transcendance vécue.

Roger Garaudy et les preuves de l'existence de Dieu:

J'ai toujours été convaincu que cette démonstration ou preuve de l'existence de Dieu, qu'elle vienne de Saint Thomas ou de Descartes, de Ghazali ou Averoes, me conduit à quelque chose sur le prolongement de mon humaine raison, à ce qui n'est pas Dieu, le Dieu transcendant, sans commune mesure avec nous. Je n'ai que faire des idoles de bois ou de raison que l'on peut fabriquer avec nos mains ou notre logique. Au bout de ces preuves, l'on ferait de moi un athée superstitieux.

Ce que peut apporter l'Islam au monde contemporain:

Nous ne voulon plus de la jungle de votre économie, oû Dieu est absent. Nous ne voulons plus de votre politique, de vos nationalismes, de vos blocs, ni de vos équilibres de la terreur, oû Dieu est absent.
Nous ne voulons pas de votre scientisme, qui est le contraire de la science. Impuissant à répondre aux questions de notre origine et de nos fins, il n'a d'autre ambition que la puissance nue, oû Dieu est absent.
Se proclamer musulman pour un occidental c'est d'abord cette rupture.


Goger Garaudy et la Sourate du Séisme: 

Lisant la Sourate du Séisme,  oû la terre elle-même enson ébranlement, porte témognage, au jugement dernier, des actions et des fautes des hommes, je sens le soi gronder sous mes pieds, avec le même saisissement que le berger du Paricutin à la naissance du volcan.

Jésus, Prophète de l'Islam: 

Au début de sa prédication, dans les sourates révélées à La Mecque, l'enseignement de Mohammed est proche de celui de Jésus: un appel à la soumission à la volonté de Dieu par la pureté intérieure, le service des autres, la foi en un jugement dernier. Et voici que La Mecque veut le tuer, comme Jérusalem massacra ses prophètes et crucifia Jésus. Mohammed échappe à la mort.
Il est accueilli à Medine. Il en devient le chef. Alors commence pour lui une seconde vie. Il complète son message. Celui de Jésus, puisuqu'il se reconnait messager du même Dieu... Le message de Mohammed complète celui de Jésus sans le transformer, mais en l'appliquant à l'économie, à la politique, à toutes les relations sociales.


Témoignages en Terres d’Islam


En Jordanie :

Et le cauchemar de mes visites dans les pays musulmans, surtout arabe : pas d’ouverture d’une voie neuve, mais une double imitation : imitation de l’Occident ou imitation du passé.


En Irak: Suite à l’Interview faite par Christine Ockrent et Ivan Levai à Saddam Hussein à la veille de la guerre de Golf : 


J’imaginais un journaliste  dialoguant selon les méthodes de ce genre d’informations le 15 Juillet 1789 le 15 Juillet 1789, avec l’un des dirigeants de l’assaut de la Bastille :

- Monsieur, est-t-il vrai qu’hier, 14 Juillet, vous avez envahi la Bastille en violation du droit ? Que vous avez décapité le gouverneur au mépris de toutes les lois divines et humaines ? Que vous avez même promené sa tête sanglante au bout d’une pique à travers tout Paris ? 
-          Oui Monsieur tout cela est exact.
-          Vous êtes un criminel ! Et maudits soient ceux qui, dans l’avenir célébraient comme une fête nationale le souvenir de votre forfait.

mardi 6 janvier 2015

Télécharger tous les livres de Malek Bennabi

Télécharger Livres Malek Bennabi
Ci-dessous les liens pour télécharger les livres du grand penseur Algérien Malek Bennabi : 

Livres de Malek Bennabi en Français : 

La Lutte Idéologique : Année 1958
Pourritures : Année 1956
Les conditions de la renaissance: Année 1949
Le phénomène Coranique: Année 1947
Vocation de l'Islam : Année 1954
Le problème des idées dans le monde musulman : Année 1970

Livres de Malek Bennabi en Arabe: 

Le musulman dans le monde de l'économie : Année 1972
Le phénomène Coranique : Année 1947
Contemplations : Année 1959  
Les conditions de renaissance : Année 1949
L'Afro-Asiatisme: Année 1956



lundi 9 septembre 2013

Livre Vocation de l'Islam de Malek Bennabi

Vocation de l'Islam Bennabi



Ce livre écrit après la Nakba de 1948 par le brillant penseur Algérien Malek Bennabi, analyse les raisons de la décadence du monde musulman sur le plan psychologique et sociologique, et fournit quelques perspectives qui pourront l'aider à redécoller. En lisant cet ouvrage aujourd'hui, on ne se rend pas compte que le livre a été écrit un il y a demi-siècle, les problèmes évoquées existent toujours dans nos sociétés , et les solutions proposées sont toujours d'actualité.

Ci-dessous quelques citations de cet ouvrage:

Jusqu’ici, l’islam a gagné du terrain à la manière du chien dent, comme une plante sauvage. Mais il a mis quatorze siècles pour occuper l’espace qu’il occupe actuellement. Dans l’avenir, il s’agirait au contraire de le planter soigneusement, scientifiquement, afin qu’il rayonne selon un processus déterminé, tenant compte de tous les facteurs favorables et défavorables liés à ce rayonnement.

La Nahdha, version réformiste a échoué parce qu’elle s’est présentée sous forme d’un rêve et non sous forme d’actions concrètes. Intellectuellement, elle n’a pas touché en profondeur les mentalités, ni dérangé les vieux tabous. C’était un discours, une poésie. Au plan politique, elle était un vœu pieux, un appel à la recomposition de la Oumma sans intention de mettre en œuvre des initiatives de rapprochement, des synergies de développement, sans définir les critères de convergence, sans harmoniser les législations, c'est-à-dire sans adopter une approche pragmatique comme le fera plus tard l’Europe. (Introduction de Noureddine Boukrouh )

La Nahdha a commencé comme une réaction à une frustration, à un ressentiment, et non comme une prise de conscience de la nécessité de changer concrètement. (Introduction de Noureddine Boukrouh)

Dans le monde musulman, on loue les exemples japonais et Chinois et on cherche à s’inspirer de leur expérience. On croit que l’explication de leur réussite réside dans les politiques suivies, alors qu’elle se trouve dans la culture, dans la psychologie, dans le monde des idées, dans l’organisation sociale. (Introduction de Noureddine Boukrouh )


Dans leur situation de sous développement et de faiblesse, les musulmans trouvent quand même un titre à faire valoir aux yeux des autres : posséder la vérité, être dans le vrai, représenter la religion élue. Ils vivent dans un enclos, en vase clos, dans une réserve mentale, loin des préoccupations de l’heure. L’ancien étant vrai et parfait, pourquoi chercher du nouveau, jugé comme une dégradation, une profanation du passé. (Introduction de Noureddine Boukrouh ) .

Partagée entre l’attraction intégriste du passé et l’impulsion progressiste du présent, parce qu’elle n’a fait le choix ni du modèle ni de la méthode, les tentatives furent plus ou moins stériles parce qu’elles ne se référaient pas à une doctrine précise de fins et de moyens, à une planification des étapes. En fait, le réformateur musulman n’a pas eu le souci de tracer son programme estimant que le temps résoudra heureusement les problèmes. Et son audace a moins consisté à imiter qu’ à créer.

L’affaire de la Palestine qui constitue indéniablement l’évènement le plus marquant en ce sens, le plus heureux de l’histoire moderne du monde musulman, a en effet désintégré le chaos ou ce monde se trouvait engagé par certaines tendances anarchiques de sa renaissance. . Elle a mis à nu toutes les fausses valeurs, toutes les illusions qui faussaient les perspectives de son avenir. Cette défaite providentielle, cette heureuse victoire du réel sur l’illusoire a libéré les esprits et les consciences qu’étouffait le chaos.

Le témoin, c’est essentiellement celui qui est présent dans le monde des autres. La première qualité requise pour la validité d’un témoignage c’est la présence du témoin. Dès lors, si le musulman doit assumer le rôle qui lui est dévolu, il est obligé de vivre en contact avec les problèmes des hommes. Sa présence doit donc embrasser l’espace maximum pour que son témoignage embrasse un maximum de faits.

L’image du phénomène est donnée approximativement par ce qu’on appelle le courant de rupture en électricité : l’étincelle jaillit quand il y a rupture, discontinuité brusque dans un circuit conducteur, c'est-à-dire quand ce circuit devient brusquement hétérogène. Le même phénomène peut être transposé en milieu humain. Les contradictions y deviennent explosives en raison de ces discontinuités idéologiques et raciales : l’étincelle de rupture jaillit à une coupure, à une frontière d’idée ou de race. C’est alors la guerre, le racisme, le colonialisme, toutes les expressions violentes de la contradiction.

Le monde musulman est à l’instant angoissant de la nébuleuse ou les éléments ne sont pas encore intégrés à un ordre régi par des lois définies. La nébuleuse peut engendrer l’ordre islamique ou un immense chaos ou sombreront toutes les valeurs que le Coran avait apporté au Monde.

La colonisabilité n’a pas changé, elle a seulement changé de toilette. Regardez-la la coquette. Se mirer dans le miroir de ces indépendances au rabais pour passer dans les bras de son vieux compagnon, le colonialisme, devenu son chevalier servant dans ces salons décorés en bureaux d’études de sa pseudo-technocratie.

L’homme malade musulman eut d’abord à son chevet le maraboutisme qui ne pouvait ni le guérir ni l’achever. Le kémalisme, le baathisme charlatan n’ont rien modifié à la situation : ils l’ont plutôt compliqué davantage. Quant au salafisme et au wahabisme, ils n’ont laissé que de pitoyables souvenirs dans une décomposition générale.

Le monde musulman n’a pas besoin d’un Etat pour dominer le monde, mais d’une conscience pour participer au drame de ce monde …

Le colonialisme et la colonisabilité ont partie liée dans plus d’un domaine, plus particulièrement dans celui des idées. Sans parler de leur enfant adultérin, un progressisme folklorique endossé par certains intellectomanes dans nos pays comme une livrée de laquais pour faire leur sale besogne en des ouvrages « hautement » patronnés.


Et aujourd’hui, au deux bouts de la décomposition de l’ « élite », une aile « progressiste » qui couvre d’injures l’aile des « conservateurs » et ceux-ci répondent par l’anathème. Et comme tout excès épuise les consciences, il est clair que tous ces courants risquent un jour ou l’autre d’être captés dans les canaux qui conduisent aux turbines du trotskisme et aux moulins de l’impérialisme.

Lorsqu’on analyse les activités et les gouts des individus d’un milieu donné, on y trouve des dominantes communes qui se transmettent d’une génération à l’autre. Il y a une hérédité sociologique tout comme il y a une hérédité biologique. On la perçoit aisément en Angleterre ou il existe une volonté de conservation, un conservatisme. Mais elle est encore plus nette durant toute la décadence du monde musulman ou toutes les formes sociales deviennent statiques. Ces deux aspects de l’hérédité ne sont d’ailleurs pas identifiables : dans un cas il s’agit d’aptitude dans l’autre d’inaptitude. L’Anglais se plie volontiers à un certain traditionalisme jugé nécessaire à son équilibre national ; mais cet équilibre est dynamique. Dans la société musulmane, par contre, il s’agit d’une impuissance à dépasser le donné, à aller au-delà du connu, à franchir de nouvelles étapes historiques, à créer et assimiler du nouveau : il ne s’agit plus d’une détermination mais d’une carence.

Les sciences morales, sociales et psychologiques sont aujourd’hui infiniment plus nécessaires que les sciences de la matière qui constituent plutôt un danger dans une société ou les hommes restent ignorants d’eux-mêmes. Mais il est évidemment plus difficile de connaitre et de faire l’homme d’une civilisation que de fabriquer un moteur ou d’habituer un singe à porter une cravate.

Monde divisé à l’extrême, atomisé en individus : monde aux vertus centrifuges qui ignore l’entraide comme il ignore l’efficacité de la matière de la matière mais pratique l’hospitalité, honore la générosité, aime la vanité, la poésie et le cheval. Son dynamisme explique l’extrême rapidité de l’expansion islamique dont les historiens ont vainement cherché la raison dans des conditions extérieures.

Par conséquent, il ne s’agirait pas d’enseigner au musulman une croyance qu’il connaissait déjà mais de restituer à cette croyance son efficacité. En un mot, il s’agissait moins de lui prouver Dieu que de le manifester à sa conscience.

Il ne faut donc pas s’étonner de ce que la pensée arabe moderne n’ait pas encore acquis le sens de l’efficacité. Le despotisme des mots et des formes imprime un caractère superficiel à toute traduction de la renaissance. On pourra s’en rendre compte au Congrès de la Culture Islamique de Tunis, ou l’on vit un Cheikh faire un cours consacré aux Hadiths sur la clémence et passer plus d’une heure à en égrener la chaine. Inutile de préciser que son contenu passa finalement inaperçu $, cependant que les auditeurs baillaient…d’admiration. Nous touchons ici à un point important de la psychologie post-almohadienne : tout est encore très grave, lorsque orateur et auditeurs sont d’accord sur l’inefficacité.

L’Européen n’est pas venu en civilisateur mais en colonisateur, et le jeune bourgeois musulman n’allait pas en Europe que pour en rapporter un titre universitaire ou pour satisfaire une curiosité toute superficielle. Un étudiant zeitounien qui venait de terminer ses études islamiques ayant fait une demande de bourse pour compléter sa formation en France, l’organisation culturelle saisie de cette demande objecta que pour étudier la langue française, on n’a nullement besoin de se rendre en France. Cette remarque traduit la façon dont le milieu musulman envisage le rôle de l’étudiant qui part en Occident : il s’agit d’étudier une langue ou d’apprendre un métier et non de découvrir un culture. Seul compte l’aspect d’utilité immédiate.

Il ne verra pas l’enfant apprendre le respect de la vie en caressant un chat ou en cultivant une fleur, ni le laboureur s’arrêter au bout de son sillon pour juger son ouvrage, en communion avec la terre, ce qui est la synthèse de toute civilisation.

D’une manière générale l’étudiant musulman n’a pas éprouvé l’Europe, il s’est contenté de la lire, c'est-à-dire d’apprendre au lieu de comprendre. Aussi demeure-t-il dans l’ignorance de l’histoire de sa civilisation, il ne peut savoir comment elle s’est faite et comment elle est entrain de se défaire par ses contradictions internes.

La parole trahit ici sa mission : au lieu d’activer cet effort dans le sens du sur-effort nécessaire pour faire face aux taches du présent, elle le dégrade en sous-effort, en gestes à peine suffisants pour gagner un siège ou une position honorable. L’homme qui prétend diriger la vie publique ne conçoit pas les choses pour les faire, mais seulement pour les dire, pour en parler éloquemment. Cette parole n’est donc qu’un pur acte verbal, sans potentiel social ni tension morale.




jeudi 20 juin 2013

Livre: Le problème de la méthodologie dans la pensée islamique

Abou Souleyman IIIT France

Livre: Le problème de la méthodologie dans la pensée islamique d'Abdulhamid Abu Sulayman



Cet essai écrit par le penseur Saoudien Abdulhamid Abou Sulayman directeur de l'Institut International de la Pensée Islamique , et traduit de l'arabe par l'IIIT France propose quelques pistes de réflexions sur la réforme de la pensée islamique .

Dans la première partie, il fait une critique de la méthodologie de la pensée islamique traditionaliste en se focalisant sur 3 sujets qui nécessitent selon lui une relecture et une réforme : l'usure , l'abrogation dans le coran et la sacralisation des avis des premières générations des musulmans . Ensuite, il propose les bases et fondements de la pensée islamique , au niveaux des sources, de la relation entre la révélation et la raison et des fondements juridiques et éthiques .

Ensuite, il consacre un chapitre pour proposer des réformes au sciences islamiques en insistant sur l'importance des sciences humaines ou les sciences du contexte dans la fatwa . 

dimanche 9 septembre 2012

La question éthique et juridique de la pensée islamique de Mohammed Arkoun

  La question éthique et juridique de la pensée islamique de Mohammed Arkoun

Livre : La question éthique et juridique de la pensée islamique de Mohammed Arkoun


Ce livre est le dernier livre de Mohamed Arkoun écrit en 2010 juste avant son décès le  14 septembre 2010 .

Ci-dessous quelques extraits de ce livre en rapport avec l'actualité du printemps Arabe  :

"La raison moderne forte de ces découvertes scientifiques et de ses avancées dans la conquête des droits de l'homme et du citoyen, a toujours regardé de haut les postures et les enseignements figés des traditions religieuses . On appelle Voltaire au secours pour condamner sans examen le fanatisme religieux, sans se donner les moyens de récapituler les apports culturels positifs des religions dans la gestion millénaire de la condition humaine . En instituant l'athéisme comme religion officielle, Staline instaure les ravages de l'ignorance institutionnalisée face à la Sainte ignorance perpétuée par les religions  jusqu'à nos jours. Le heurt séculaire de ces deux ignorances est réactivé à l'échelle mondiale avec la participation idéologique de la clôture moderne d'une raison des Lumières instrumentalisée par les urgences électoralistes. Car si la modernité a ouvert des possibilités à d'autres régimes de vérité, il lui est arrivé de se présenter et d'agir comme le Régime de vérité fiable, supérieur au régimes de vérités antérieurs et fondateurs de valeurs et de légitimité cognitive, politique, juridique, éthique, à vocation universelle. C'est sur cette prétention que l'Occident s'est autorisé à dessiner et à redessiner selon ses visions et ses intérêts, la carte géopolitique, géoéconomique, géomonétaire, géoéthiqueet géoécologique du monde . " ( Page 44)


"Avec l'entrée sur la scène historique de la Révolution dite islamique en Iran ( 1979), l'émergence l'Al Quaida de Ben Laden, de ses lieutenants et de ses soldats nombreux, la guerre civile ouverte en Algérie après l'annulation des élection en 1991, ce ne sont plus les gestionnaires traditionnels de l'orthodoxie qui font barrage à la pensée islamique critique et scientifique; ce sont plusieurs catégories d'acteurs sociaux, politiques et économiques, financiers qui trouvent dans l'islamisme militant des possibilités d'intégrer toutes les nouveautés et tous les conforts de la civilisation matérielle de l'Occident , tout en sauvegardant une "identité islamique" qui les protégerait des crises morales et spirituelles dont souffre ce même Occident. Il s'avère que cette identité est imaginée, illusoire, sans épaisseur historique, sans fondements intellectuels, sans horizons de sens éthique, ni spirituels ..." ( Page 55 )

jeudi 1 septembre 2011

L'art d'être Parent en Occident

Education des enfants en Islam



L'art d'être Parent en Occident: Livre de Dr Ekram et Dr Mohamed Rida Beshir


Ce livre écrit par des spécialistes , traduit de l'anglais et préfacé par Tariq Ramadan , présente aux parents une perspective islamique pour éduquer leurs enfants en Occident . Il s'agit d'éduquer les enfants selon les préceptes de l'islam dans des environnements sécularisés.
L’intérêt du travail fondamental est de traduire la complexité en simplicité et d’offrir des conseils et des mises en pratique très accessibles. Il s’agit d’un livre à l’usage de tous. C’est l’intérêt de cet ouvrage qui se présente comme un manuel : au-delà de la démarche et du cadre éducatif commun, il est des chemins qui permettent aux parents d’adapter l’approche, de rester flexible et ouverts tout en respectant les principes et l’éthique islamiques. Une réflexion et des exercices pratiques tout à fait adaptés à la vie en Occident et qui aideront le public francophone à trouver de nouvelles voies.

C’est un apport conséquent dont de nombreux lecteurs tireront des enseignements extrêmement utiles.

mardi 31 mai 2011

Livre: Le soufisme, voie intérieure de l’islam


Soufisme et Islam

 

Livre: Le soufisme, voie intérieure de l’islam: Livre d'Eric Geoffroy


Dimension intérieure de l’islam sunnite, le soufisme repose sur la transmission, de maître à disciple, d’une énergie spirituelle initiée par le prophète Muhammad. Prenant sa source dans le Coran et dans la Tradition prophétique, cette voie a pour but de délivrer l’homme des passions et des illusions qui l’assaillent, lui permettant ainsi de trouver un espace intérieur d’où contempler les réalités de l’Esprit.

Cet ouvrage présente les doctrines, l’histoire et les pratiques initiatiques du soufisme. Il met en relief l’universalisme qui anime cette discipline, véritable antidote contre les divers intégrismes, et présente les perspectives qu’offre le soufisme contemporain ainsi que son rôle croissant en Occident.

Dossier de presse :
« L’auteur de l’étude magistrale sur Le Soufisme en Egypte et en Syrie sous les derniers Mamelouks et les premiers Ottomans fait ici la synthèse d’une réalité riche et complexe dans ses enjeux historiques, culturels et doctrinaux. De cette entreprise risquée, l’auteur se sort bien, exposant avec une clarté remarquable la pratique spirituelle soufie... », revue Qantara (Institut du Monde Arabe).
« ...L’auteur s’emploie à combattre quelques préjugés tenaces : le soufisme n’est pas un ‘‘islam light’’, non plus qu’une démarche égoïste qui consisterait à se séparer du monde », X. Ternisien, Le Monde du 1er juillet 2003.
« ... Non que les ouvrages de référence manquent à ce sujet, mais parce que la plupart ne comportent qu’une approche partielle du phénomène soufi, ou sont d’accès difficile. A cet égard, celui d’Eric Geoffroy comble un vide... », Jean-Michel Belorgey, Les Carnets d’Etudes, revue du Conseil d’Etat (France).
« Ce premier ouvrage complet sur la doctrine et les pratiques de ce courant mystique de l’islam sunnite, présente également un aperçu historique de ce qu’on a appelé ‘‘le cœur de l’islam’’... », Thierry Zarcone, Revue d’Histoire du Soufisme.
« ...L’exposé de l’auteur est méthodique, rigoureux et largement accessible. Il saura satisfaire à la fois celui qui cherche à comprendre le lien entre soufisme et islam, celui qui souhaite appréhender les pratiques du soufisme tout autant que celui qui chemine sur la Voie et désire resituer celle-ci en termes historiques et sociologiques. », revue Soufisme d’Orient et d’Occident.
« ...L’islamologue strasbourgeois propose du soufisme une lecture attentive, parfois critique et tout à fait enrichissante... », J. Fortier, Les Dernières Nouvelles d’Alsace.
« ...Un livre capital, qui se fonde sur la conviction que l’islam et le soufisme sont intrinsèquement liés », site Oumma.com.
« Dans cet ouvrage, Eric Geoffroy, universitaire islamologue, excelle à définir le soufisme comme ‘‘le cœur vivant de l’islam’’...Cette initiation au soufisme est, à nos yeux, un véritable traité de spiritualité islamique », R. Michel, Secrétariat des Relations avec l’Islam.
« “Cet ouvrage, dit Eric Geoffroy, repose sur un pari : celui que l’approche intérieure du soufisme n’est pas incompatible avec une analyse critique”. Le pari est magnifiquement tenu... », J. Borel, Bulletin de la commission francophone pour le dialogue interreligieux monastique, DIM, n° 29, déc. 03.

Télécharger le livre: Le problème des idées dans le monde musulman




L'Etat musulman, entre l'idéal islamique et les contraintes du monde temporel ,


Livre de Marie Claret De Fleurieu


C'est autour de la structure juridique de l'État que les relations aussi bien internationales qu'interpersonnelles sont aujourd'hui articulées, dans un contexte fortement marqué par l'hypothèse rebattue d'un « retour du religieux» dans la marche du monde. Le but de cette étude est de confronter ces deux éléments spirituel et temporel : quel est donc l'impact réel de l'Islam sur l'organisation constitutionnelle des États apparemment fondés sur son message sacré ?

La réflexion ici proposée vise à définir et à analyser les données fournies par le référent islamique à propos de la structure politique d'un État mis à son service, notamment à travers l'examen approfondi de certains exemples emblématiques comme l'Arabie saoudite, l'Égypte, et l'Iran. Elle s'adresse aussi bien à un public de spécialistes qu'à un néophyte ignorant tout de cette thématique particulière.

dimanche 5 décembre 2010

Livre: Discriminer pour mieux règner

Livre de Vicent Geisser et Elyamine Soum


El Yamine Soum
La diversité est aujourd'hui un terme d'actualité, on en parle souvent dans tous les domaines: société, politique, sport...
Dans ce livre, les auteurs traitent cette question dans le milieu politique français. Il s'agit d'une enquête à l'intérieur des partis politiques pour mieux comprendre les mécanismes qui régissent ce phénomène: discrimination positive, racisme, nouvelles formes de colonisation.
Il s'agit d'une étude sociologique et politique qui met l'accent surtout sur les mécanismes qui régissent ce phénomène: infantilisation des divers, barrières, instrumentalisation de la question de l'immigration et de la diversité, communautarisme, dépersonnalisation.
On conclut après la lecture de ce livre, qu'il y a un grand écart entre la théorie et la pratique, et que la diversité d'affichage n'est qu'un gadget médiatique imposé « par le haut » au mépris des appartenances, des pratiques et des ressentis citoyens, aboutissant à ce paradoxe de contribuer davantage à « minoriser » et à marginaliser les personnes et est loin de représenter la diversité de la société française.

samedi 30 octobre 2010

Livre: Que mes guerres étaient belles

Jacques VergèsLivre Que mes guerres étaient belles de Jacques Vergès



Dans ce livre très passionnant, le brillant avocat français Jacques Vergès trace les meilleurs moments de sa vie ou plutôt "ses guerres" contre les injustices et pour la liberté.
Il s'agit de ses combats menés essentiellement contre la colonisation de l'Algérie en tant qu'avocat ou en tant que militant.
Ayant milité durant toute sa vie aux côtés des fourmis contre l'arrogance et l'injustice des éléphants, Maitre Vergés nous fait vivre les scènes les plus émouvantes de ce combat avant un style ironique parfois mais très touchant.

Un livre à lire absolument.

Note : 5/5

Télécharger tous les livres de Malek Bennabi

mercredi 8 septembre 2010

Les Damnés de la Terre



Livre de
Frantz Fanon

Dans ce livre écrit quelques mois avant son décès, Fanon se penche sur la question de la violence, des guerres de libération, de l'assimilation culturelle de l'intellectuel colonisé. Il analyse laes effets de la violence du colon et le rôle de cette dernière dans les guerres tribales dans les pays colonisés. Il expose aussi avec une certaine prémonition les contradictions inhérentes à l'exercice du pouvoir dans l'ère post-coloniale en Afrique.
La préface, très célèbre, a été écrite par Jean Paul Sartre.
Ce livre est le point d'orgue de la carrière littéraire de Fanon qui l'a écrit alors qu'il se savait condamné par la leucémie. Fanon est mort au moment de sa publication.

dimanche 15 août 2010

Livre: De la structure de l'esprit Musulman




De la structure de l'esprit Musulman: Livre de Imad Eddine Khalil



Ce livre rentre dans la catégorie des œuvres dont l’objet consiste à approfondir les différents aspects de la connaissance dynamique à même de pousser la jeunesse à aller de l’avant sur le chemin du changement et de la restructuration islamique. Il vise à stimuler une connaissance axée sur le diagnostic des maladies contemporaines qui bloquent l’esprit musulman et paralysent son efficience. Son objectif final est de chercher à redécouvrir les principes islamiques qui avaient libéré les esprits des Musulmans de la première heure, qui les avaient dotés de méthode et d’efficacité et qui peuvent à tout moment interpréter ce même rôle.
Note: 4/5

samedi 3 juillet 2010

Mémoires d'un témoin du siècle de Malek Bennabi


Dans ce livre absolument magnifique, le penseur algérien présente son autobiographie ...pas pour nous parler de sa vie seulement, mais pour décrire à travers son parcours personnel la sociologie de la société algérienne avant et après l'indépendance.
A travers une vie très riche d'évènements et d'enseignements, on peut comprendre des aspects sociologiques, psychologiques et culturels de la colonisation et de la conscience algérienne.
Fidèle à sa pensée rigoureuse, Malek Bennabi offre aux lecteurs un livre unique de son genre, ou se mêlent la narration des évènements avec l'analyse des phénomènes socio-culturels.

Note: 5/5

jeudi 24 juin 2010

Livre: Ne leur dites pas que je suis Français ils me croient Arabe

Livre Ne leur dites pas que je suis Français ils me croient Arabe Livre Mourad Ghazli


Mourad Ghazli discriminations 


Grand sportif et jeune responsable politique à l'UMP , Mourad Ghazli dénonce le communautarisme, non pas en critiquant les 'travers' réels ou supposés des minorités constituées, mais en stigmatisant les élites politiques françaises, engoncées dans leurs certitudes. 

Preuves à l'appui, et à travers son expérience de cadre dans un grand parti politique Français l'auteur démontre que ce sont les politiques eux-mêmes qui installent le communautarisme en France tout en affirmant vouloir le combattre. Ce communautarisme d'en haut est pratiqué dès que les caméras sont éteintes et les stylos rangés. Documents à l'appui, l'auteur prouve que les ghettos sont le résultat d'une volonté politique et commerciale et non de la  volonté des populations issues de l'immigration de rester entre eux comme prétendent les politiciens.

Note: 4/5

vendredi 16 avril 2010

Livre Juste pour toi de Abd Al Hakim Chergui



Ce Livre de Abd Al Hakim Chergui est l'un des meilleurs livres que j'ai déjà lus. Il offre aux lecteurs francophones une nouvelle approche très spirituelle et très pédagogique.



L'auteur donne à travers de sa riche expérience personnelle des conseils précieux aux jeunes musulmans sur l'engagement, la foi, la spiritualité, la morale etc

Ce qui est intéressant dans ce livre, c'est l'usage de plusieurs styles pour passer le message: L'auteur utilise parfois des histoires personnelles très riches en enseignements, d'autres fois il utilise des sagesses, parfois aussi il nous fait vibrer avec ses poèmes et tout ça avec un ton très spirituel...

Vraiment, un livre à lire absolument.

Note: 5/5

mercredi 24 mars 2010

Le Chemin de La Mecque, de Muhammad Asad


« A lire, à relire et à offrir autour de soi ». Telle pourrait être la mention appliquée en lettres grasses sur la couverture de ce livre, à la manière de ces mentions « top secret » appliquées sur des documents ultra confidentiels. « Le chemin de La Mecque » de Muhammad Asad reste d’une brûlante actualité, et ce malgré l’ancienneté de son édition. Et c’est avec un regret sans fin que l’on achève un ouvrage que l’on souhaiterait infini.




D’emblée, il nous faut rendre un vibrant hommage à Roger Du Pasquier, traducteur depuis l’anglais du livre de Muhammad Asad. Car les émotions en ressortent intactes, les faits immensément bien rapportés, et le personnage magnifiquement cerné et portraituré. Autant d’éléments qui ne sont pas aisés à retranscrire d’une langue à l’autre, même si bien évidemment tout le mérite en revient d’abord à l’auteur initial, à savoir Muhammad Asad en personne.

Aventures

Vers la fin de l’ouvrage, sentant la fin de son périple arriver, Muhammad Asad, s’adressant à son fidèle compagnon Zayd, lui dit : « Ne te souviens-tu pas que l’eau doit se mouvoir et couler pour rester claire ? ». A ce moment du « chemin » de l’auteur, ce dernier souhaite quitter l’Arabie afin de découvrir d’autres horizons musulmans, en particulier ici la péninsule indo-pakistanaise. Pour en revenir à cette sentence prononcée, il est clair qu’elle s’applique magistralement bien à l’auteur. Dans Le chemin de La Mecque, l’évocation du moindre fait, du moindre personnage, de la moindre situation sont prétextes à la mention et au récit d’histoires vécues. Exécutant un retour en arrière mémoriel, Muhammad Asad nous rapportera ainsi ses pérégrinations à travers la Palestine, l’Arabie (soit en quête de spiritualité, soit en mission pour le roi Saoud), ou encore la Lybie, à la rencontre du grand résistant à l’occupation italienne, Umar al Mokhtar.

Succès considérable

Plongés dans les méandres de ces aventures extraordinaires, voire dangereuses, mais dont l’auteur en retire toujours les conclusions les plus pertinentes, le récit nous happe, nous saisit et nous entraîne dans un tourbillon d’émotions, de rencontres inattendues et de faits surprenants. Autant de situations exceptionnelles vécues par Muhammad Asad. D’ailleurs, le traducteur de l’ouvrage nous le rappelle dans son avant-propos : « Le chemin de La Mecque, livre dont le succès fut et demeure considérable dans les langues où il a déjà été publié et qui sont : l’anglais, l’allemand, le néerlandais, le suédois, l’arabe, le japonais, le serbo-croate, l’ourdou, le tamoul ».

Lucide

Proche de la famille royale saoudienne, et en particulier du roi Saoud, Muhammad Asad reste cependant lucide et n’épargne pas le souverain de ses critiques comme de ses louanges, lorsque celles-ci lui apparaissent méritées. Sonnant comme une conclusion à son ouvrage et à son parcours à travers l’Arabie, l’auteur écrira dans son chapitre XII intitulé « terme du chemin », à propos de la transformation qu’il commence à percevoir et qui va transformer le royaume saoudien, transformations qui le chagrinent : « Ce n’est pas à dire que les musulmans n’auraient pas beaucoup à apprendre de l’Occident […]. Mais l’acquisition de notions et de méthodes scientifiques n’est pas à proprement parler une « imitation », surtout dans le cas d’un peuple dont la foi ordonne de rechercher la connaissance partout où elle peut être trouvée ».Et les propos suivants, lus aujourd’hui, nous montrent combien l’auteur aura été visionnaire et aura su en son temps évaluer à leur juste mesure les changements naissants en Arabie. Ainsi, l’auteur écrit : « Si les musulmans gardent la tête froide et acceptent le progrès comme un moyen et non comme un but en soi, ils pourront non seulement préserver leur liberté intérieure, mais aussi, peut-être, transmettre à l’homme occidental le secret perdu de la douceur de vivre… »


Auteur : Muhammad Asad.
Titre : Le Chemin de La Mecque.
Edition : Fayard –Collection « La bibliothèque des voyageurs ».
Nombre de pages : 347.

Source: www.saphirnews.com

Note: 3/5

mardi 23 mars 2010

Le Soleil d’Allah Brille sur l’Occident de Sigrid Hunke








Au regard d’une actualité dénigrante du fait « arabe » et « musulman », il est essentiel de lire le merveilleux ouvrage d’une occidentale, Sigrid Hunke, qui relate, grâce à un récit fourni et vivant, les liens intrinsèques de l’Orient et de l’Occident à travers la formidable aventure humaine, scientifique et culturelle de la civilisation arabo-musulmane, à la lumière des immenses réalisations des savants musulmans. A la lecture du « soleil d’Allah brille sur l’Occident », on s’interroge finalement :

Christophe Colomb aurait-il redécouvert l’Amérique sans son astrolabe conçu et réalisé par les Arabes ? Les engins occidentaux auraient-ils atteint la planète Mars si, bien longtemps avant eux, des Arabes n’avaient cessé d’observer rigoureusement le ciel ? Dans la mesure où les progrès technologiques modernes s’inscrivent dans la longue chaîne des connaissances universelles, il est indéniable d’affirmer que les musulmans ont, à une époque, contribué à révéler de nouvelles découvertes scientifiques.

Sigrid Hunke rend hommage à ces inventeurs de génie, trop longtemps ignorés des manuels scolaires et aujourd’hui encore souvent réduits au rôle de simples traducteurs des textes des Anciens. Son livre, traduit de l’allemand par Solange et Georges de Lalène, allie la richesse d’informations d’une encyclopédie à un style clair et vivant qui rend sa lecture fluide comme un roman.

Au fil du texte, on comprend comment l’Islam invite à l’observation et l’analyse des phénomènes naturels, à la recherche intellectuelle, au progrès et à la science. La référence religieuse sert de moteur à la dynamique de la créativité humaine dans des domaines aussi variés que les sciences, la littérature ou l’architecture. A une époque où l’Eglise, de son côté, privilégie l’obscurantisme et l’élitisme, l’Islam parait d’une grande modernité.

On s’étonne de découvrir à quel point notre quotidien est agrémenté d’expressions arabes : le petit café du matin avec un peu de sucre, le verre de limonade dégusté sur le sofa ou sur le divan, la jaquette, la blouse, le jupon, ou encore le mohair, la cotonnade...sans compter le safran, l’estragon, la muscade...Grâce au commerce, les marchands arabes ont introduits en Europe les épices, le coton, les tissus, le papier (précieux support de la vie intellectuelle), ou encore la boussole ou les notions d’hygiène.

Et que dire des multiples apports scientifiques des arabes dans les domaines des mathématiques, de l’astronomie et de la médecine ? Pour le musulman, l’univers entier est la preuve de l’Unité de Dieu. Allah, dans le Coran, invite le croyant à observer le ciel, les étoiles et toute Sa Création. Il est alors naturel pour le fidèle d’explorer les sciences naturelles, astronomie, physique ou médecine.

Le génie des arabes est d’avoir su étudier et traduire les ouvrages des savants grecs, indiens ou chinois en les critiquant et en apportant de nouvelles conclusions. Ce n’est que par le biais des ouvrages arabes, traduits en latin, que l’occident, à partir de la Renaissance, pourra se lancer dans la grande aventure scientifique du monde moderne. Peut-on imaginer l’étude des mathématiques modernes, de l’algèbre, sans l’adoption de la numération décimale par l’humanité entière ? Déjà, bien avant Copernic, les arabes avaient émis l’hypothèse de la rotation de la terre autour du soleil, ils avaient établis des catalogues d’étoiles et construit des observatoires. Ils connaissaient les mécanismes de la circulation sanguine et avaient abordé les domaines de l’ophtalmologie, la psychiatrie, la chirurgie...dont les traités de la Renaissance se sont largement inspirés.

Comment de telles avancées ont-elles été possible ? Plusieurs paroles du Prophète de l’Islam nous renseignent : « L’étude de la science a la valeur du jeûne, l’enseignement de la science celle d’une prière », ou encore : « Quiconque part à la recherche de la science agit pour la cause de Dieu jusqu’à ce qu’il retourne chez lui ». Ainsi, la ferveur religieuse a engendré l’émulation intellectuelle. Dans tout le monde arabe, les enfants, garçons et filles, fréquentent l’école, les bibliothèques regorgent de manuscrits anciens prêts à être traduits. Le butin du vaincu se négocie en ouvrages et traités antiques ! Rien d’étonnant alors que certains princes occidentaux éclairés, en Sicile ou en Espagne aient été fascinés par le génie arabe, que des croisés ou de simples voyageurs aient adoptés le style de vie de ces arabes si raffinés. Ces monarques, ces pèlerins, ces marchands furent dès lors les vecteurs de transmission de l’immense savoir oriental vers la sphère occidentale.

On ne saurait étudier aujourd’hui l’histoire de l’Occident sans rendre compte de l’héritage de la brillante civilisation arabo-musulmane.

Nous laisserons à Sigrid Hunke le soin de conclure son magistral ouvrage par ces mots « La haine religieuse et l’intolérance ont toujours été les pires conseillères des peuples, leur fomentation l’ennemi de toute vie et de tout progrès. Que les peuples ne puissent, au contraire, atteindre leur plus grand épanouissement sans des échanges et une considération réciproque, sans l’ouverture de toutes leurs frontières et une amicale concurrence, voilà ce que ne manque pas de confirmer l’histoire étrange (marquée à la fois par la répulsion et l’attirance, l’hostilité et l’envoûtement) des relations entre le monde musulman et l’Occident, relations, qui en dépit de la méfiance et de la haine ont été pour l’univers un immense bienfait »

La france des mosquées de Xavier Ternisien


L'auteur est l'un des deux journalistes qui assurent encore une certaine présence du fait religieux dans le quotidien Le Monde. Les récentes contributions en font, en quelque sorte, un « Monsieur islam » soucieux de conduire des enquêtes de terrain concernant la seconde religion présente aujourd'hui en France, majoritaire dans certains quartiers et, pour ce qui est des « issus de l'islam », à ne pas confondre avec l'ensemble des musulmans croyants et pratiquants, majoritaire ou presque dans plusieurs villes au passé ou au présent industriel, Roubaix, Mulhouse, Montbéliard peut-être ? Devançant sans doute maintenant le protestantisme en Alsace ou dans une ville comme Nîmes.

Les douze chapitres du livre s'appuient sur les enquêtes de l'auteur et la lecture d'une série d'ouvrages mentionnés dans la bibliographie. On n'y cherchera pas (ce n'était pas le propos) les analyses qui concernent les rapports entre chrétiens et musulmans d'auteurs tels que Gilbert DELORME, Maurice BORRMANS ou Jacques JOMIER. Tout en soulignant « Le danger de l'islamophobie », titre donné à l'Introduction, X. TERNISIEN ne cache pas qu'il « serait stupide de nier le danger de la menace islamistes et le risque d'une radicalisation de la communauté musulmane. À cet égard, les succès rencontrés par le courant salafiste dans les banlieues sont inquiétants. L'augmentation des ventes de toute une littérature en provenance d'Arabie Saoudite dans les librairies islamiques est alarmante ». On pourrait y joindre assurément des sites internet tel que www.islam-ouma.com ou www.centreislamique.com, voir « La femme en islam » d'Hani RAMADAN, par exemple.

C'est donc à la rencontre de l'islam concret que nous conduit l'auteur en commençant par « Un vendredi à la mosquée ». À quelques exceptions près ces mosquées ne sont pas les foyers d'un islamisme radical, ce qui ne veut pas dire que plusieurs ne défendent pas un « islam fondamentaliste ». Ces quelque mille six cents lieux de culte sont desservis par un millier d'imams dont 40 % de Marocains, 24 % d'Algériens, 15 % de Turcs, seulement encore 9 % de Français. Si l'influence exercée par le gouvernement marocain n'est pas explicitée, en revanche il est facile de saisir celle de l'Algérie et de la Turquie dans la mesure où ces États rétribuent les imams de leur nation. Les fidèles croyants et pratiquants sont moins nombreux parmi les musulmans nés en France (28 %) que parmi ceux nés ailleurs (44 %). La réislamisation est un mouvement de fond quelles que soient les générations. Les détachés, ceux qui se déclarent « sans religion » sont plus nombreux (9 %) dans la classe moyenne supérieure, la « bourgeoisie ». « Vivre l'islam au quotidien » permet d'évoquer l'affaire des foulards (1989), les revendications qui dépassent largement la seule question du voile. Mais l'auteur ne s'interroge pas sur la diversité de voiles qui ne sont pas tous « islamiques », ce dernier étant d'introduction récente. Alors que plus de 50 % des détenus dans les prisons sont d'origine musulmane, le nombre des aumôniers n'est que de quarante-quatre. Or il y a trois cents aumôniers catholiques. La question de la formation des imams est évoquée, l'influence des Frères musulmans est évidente à Saint-Léger-de-Fougeret (Nièvre).

L'islam de France est une mosaïque. X. TERNISIEN est allé à sa découverte en plusieurs villes. Il en donne des descriptions très vivantes : Marseille, où il y aurait soixante-dix mille Comoriens sur les deux cent mille issus de l'islam ; Montpellier où, dans l'ancien couvent des dominicains, un cheikh libanais attire beaucoup d'étudiants dans une mosquée gérée par les Ahbaches ; Toulouse, Strasbourg, Lille. Un chapitre est consacré à « la nébuleuse des Frères musulmans » : l'Union des organisations islamiques en France puis de France (1990) revendique un statut de minorité reconnue comme telle, sans exiger, dit Gilles KEPEL, l'application de la charia « à l'ensemble de la société, tant que les musulmans sont minoritaires » (À l'ouest d'Allah, 1994). La « galaxie UOIF » s'est investie dans le milieu associatif, elle a des liens avec deux cent cinquante associations. Le Tabligh (Foi et pratique) a droit aussi à un chapitre. Ces « missionnaires d'Allah » pratiquant le porte-à-porte ont été comparés aux Témoins de Jéhovah. Ils contrôleraient une centaine de lieux de culte. Il faut encore compter avec les salafistes se réclamant eux aussi de l'islam rigoriste qui est pour eux celui des wahhabites.

Y a-t-il une répartition des tâches entre les différents courants de l'Islam ? L'annonce du message pour le Tabligh, le champ politique et social pour les Frères musulmans, l'étude des sciences religieuses pour les salafis, la mystique pour les soufis ?

Le panorama serait incomplet si les Turcs avaient été oubliés et, de même, les confréries. Or, ce sont ces dernières qui ont suscité bien des conversions à l'islam, dans la mesure où le courant soufi oriente sa spiritualité vers l'amour. Un chapitre est consacré aux convertis pour qui, souvent, la découverte de Dieu s'est faite dans l'islam. On passe « des convertis intellectuels » aux « convertis de proximité » (p. 194), entre dix-huit et vingt-quatre ans le plus souvent. Il manque à ce bon chapitre une approche des conversions parmi des Antillais ou des migrants africains noirs.

Le chapitre 11 présente quelques personnalités phares et en premier lieu Tariq RAMADAN, devenu la principale référence du courant Jeunes musulmans. La personnalité est controversée. Hassan IQUIOUSSEN « le prédicateur ch'timi » dispute à RAMADAN l'audience des jeunes musulmans. Le « mufti éclairé » de Marseille Soheib BENCHEIKH est peu apprécié et de X. TERNISIEN et des musulmans eux-mêmes (p. 229). Le dernier chapitre est consacré au « long chemin de la consultation ». Au cours de son rassemblement annuel au Bourget, en 2000, l'UOIF se flattera d'avoir demandé et obtenu la suppression du passage, dans le texte soumis à la signature des représentants musulmans, concernant « l'apostasie ». Plusieurs pages sont consacrées à ces laborieuses négociations opposant entre elles les différentes tendances de l'islam. La solution n'est pas encore en vue. Le Conseil français du culte musulman, s'il voit le jour, aura le statut d'une association loi 1901 et non celui des associations culturelles de la loi 1905, dont les exigences sont plus sévères.

Xavier TERNISIEN invite fort justement à ne pas confondre l'islamisme, comme idéologie politique, avec l'adjectif « islamique », qui signifie « ayant rapport à l'islam ». Il considère que « la pire des choses » serait de « diaboliser » lUOIF qui, écrit-il, peut se prévaloir d'incarner « un véritable islam de France » avec le sermon du vendredi prononcé en français. Il fait de l'usage de cette langue le critère de cet islam auquel il oppose l'islam des pays d'origine, décalé par rapport à la réalité française. Encore faudrait-il, sans doute, bien entendre ce qui s'exprime en français le vendredi, ainsi que dans les cassettes ou sur Internet ? Pour l'auteur, « le travail d'un Tariq RAMADAN […] mérite d'être salué et encouragé », ce que contestent cependant des connaisseurs de l'islam aussi avertis que les P. DELORME, JOMIER et BORRMANS. Il s'en prend au « médiatique » Soheib BENCHEIKH « le bon » dans les médias. Il met en garde contre ce qui vient d'Arabie Saoudite. Il demande un dialogue franc et sans concession. L'objectif sera atteint lorsque l'islam pourra enfin être traité « comme n'importe quelle autre religion », ce qui ne laisse pas d'étonner un peu car, y compris dans le quotidien où travaille l'auteur, on ne peut dire que le catholicisme, et souvent même le christianisme, bénéficie d'un traitement de faveur.

Source: www.esprit-et-vie.com